Lyne Tastet (ESILV 2001) Executive Director of Operations à la Sacem
Diplômée de l’ESILV, Lyne a débuté sa carrière dans l’ingénierie informatique avant de faire évoluer son parcours vers des fonctions stratégiques au cœur de l’univers musical. Aujourd’hui directrice des opérations à la Sacem, elle pilote des enjeux majeurs liés à la data, à l’automatisation et à la protection des droits d’auteur. Entre technologie, management et passion pour la musique, elle revient sur les grandes étapes de son parcours, les défis de son métier et les conseils qu’elle donnerait aux futurs ingénieurs qui cherchent encore leur voie.
Quelles ont été les grandes étapes de votre parcours ?
La première étape s’est faite à ma sortie de l’ESILV. Fraîchement diplômée ingénieure d’études, j’ai intégré une société de services où j’ai mené divers projets, notamment dans le développement Java. Ensuite, j’ai intégré la Sacem en tant que prestataire de services à la direction informatique.
Et là, j’ai fait ce qu’on appelle de l’assistance à maîtrise d’ouvrage. C’est-à-dire que j’étais l’interface entre les développeurs et les utilisateurs finaux. Enfin, la troisième étape, j’ai quitté le monde de l’informatique pour intégrer et diriger des directions opérationnelles au sein de la Sacem.
Pouvez-vous nous expliquer votre métier ?
La Sacem est un organisme de gestion collective qui est leader mondial. Les deux principales missions sont de collecter les droits d’auteur auprès des chaînes de télévision, des plateformes internet, des radios, et de tous les utilisateurs de musique. Et enfin, de répartir les droits qui leur sont versés par ces utilisateurs de musique.
Mon rôle en tant que directrice des opérations est de superviser les opérations de documentation des œuvres musicales et audiovisuelles, comme les films et les séries. En fait, c'est de savoir à l’intérieur de ces œuvres quels les différents contributeurs : les auteurs des textes, les compositeurs de musique et les éditeurs qui les accompagnent. Et enfin les opérations de répartition consistent à traiter toutes les données de diffusion qui sont reçues par les chaînes de télé, les plateformes internet, les radios, etc., afin de reconnaître toutes les œuvres qui sont du répertoire de la Sacem et ainsi de payer les ayants droit dont les musiques ont été diffusées.
Quels sont vos enjeux du moment ?
Les enjeux du moment sont vraiment liés à la data. La Sacem est une véritable Data Company. On traite des triliards de données chaque année. L’enjeu, c’est d’automatiser au maximum les outils, d’avoir des outils d'identification des œuvres qui sont performants et également en fait et de réduire les opérations manuelles, afin d’avoir une répartition au plus juste.
Quelles sont les qualités essentielles pour réussir dans ce rôle ?
L’environnement de la musique est un secteur en pleine mutation. C’est ça qui est excitant : il y a toujours de nouveaux défis, de nouvelles façons d’utiliser la musique, et de nouvelles façons aussi de défendre les droits, avec l’arrivée de l’intelligence artificielle notamment. Il est vraiment important de protéger la musique et de protéger les créateurs qui en vivent.
Qu’est-ce que vous aimez particulièrement dans votre métier ?
Ce que j’aime particulièrement dans cette profession, c’est déjà la matière : la musique. C’est quelque chose d’important dans nos vies. C’est, pour moi, un élément essentiel de nos vies. Et également c’est le fait de transformer les organisations, les procédures, d’allier l’humain à la technique et de faire évoluer les procédures métiers.
En quoi vos études à l’ESILV ont-elles contribué à votre parcours ?
Les études à l’ESILV ont été vraiment déterminantes dans la mesure où je suis sortie de l’ESILV en ayant un bagage d’ingénieure généraliste, ce qui m’a permis d’aborder différentes problématiques et divers projets. Et enfin, à l’époque, c’était quand même assez novateur : on avait un semestre d’échange à l’étranger. Moi, je l’ai fait à Halifax, au Canada. Et le fait de maîtriser l’anglais parfaitement a été vraiment un facteur clé dans mon évolution.
Quels conseils donneriez-vous à un.e étudiant.e souhaitant faire une carrière comme la vôtre ?
Le conseil que je donnerais à quelqu’un qui souhaite se lancer dans une carrière comme la mienne, c’est d’être curieux de tout, de poser des questions, d’être à l’écoute des opportunités. Et c’est vrai que sortir de l’ESILV est un véritable atout.
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