Gauthier Barthélemy (ESILV 2001 ) Chef de Département Achats chez Dassault Aviation
De l’ingénierie automobile à l’aéronautique, de la technique au business : Gauthier Barthélémy (ESILV 2001) a construit son parcours en élargissant progressivement son terrain de jeu. Aujourd’hui Chef de Département Achats chez Dassault Aviation, il revient sur les grandes étapes de sa carrière, les enjeux stratégiques des achats dans l’aéronautique et les enseignements qui continuent de l’accompagner, plus de 20 ans après sa sortie de l’ESILV.
Grandes étapes d’un parcours entre technique et business
Première étape : mon entrée dans l'ingénierie automobile sur la base des compétences que les ESILV m'avaient permis de développer, puis dix ans après à élargir mon périmètre sur l'ingénierie automobile.
Et enfin un virage vers les achats, une fonction plus business, toujours dans cette même industrie. J’ai eu la chance de rejoindre le tissu fournisseur de l'automobile dans une fonction sales, et puis maintenant un retour aux achats via une nouvelle industrie, l'industrie aéronautique.
Les achats : sécuriser aujourd’hui pour voler demain
C'est avant tout la capacité à établir des contrats avec les partenaires et les fournisseurs pour permettre soit de produire, soit pour nous de soutenir les flottes. C'est des cycles très longs, d'une dizaine d'années. Donc établir des contrats, c'est avant tout de la sécurisation d'approvisionnement. Et il y a aussi l'enjeu compétitivité qu'on retrouve dans les fonctions achats par ailleurs.
Capacités, réglementation, longévité des flottes : les défis sur la table
Trouver des capacités, trouver des nouveaux partenaires, les aider à se développer, être capable de les soutenir financièrement.
Également de gros enjeux d'évolution réglementaire. Chez Dassault Aviation, on fait du militaire, mais on fait aussi du civil, notamment les normes environnementales, ça nécessite de faire évoluer la fonction achats, ça nécessite de voir de nouvelles métriques.
Dans mon métier en particulier, dans le soutien et service aux flottes, c'est d'étendre les capacités des avions existants en trouvant les matériels pour les soutenir encore de nombreuses années.
Dans l’aéronautique, l’exigence ne s’arrête pas à l’usine
Dans le domaine aéronautique, on est dans la safety, la sécurité des vols, et toutes les fonctions de l'entreprise sont contributrices de la sécurité des vols, pas uniquement l'ingénierie, la production, mais aussi les achats, et notamment dans le choix des partenaires. Donc les achats ont cette lourde tâche de s'assurer que les partenaires sont au même niveau d'exigence que l'entreprise elle-même.
Donc ça demande beaucoup de rigueur. La qualité d'un acheteur, c'est la qualité à obtenir un cadrage de la part des métiers qui sont les prescripteurs.
Une grande qualité, c'est de savoir faire émerger des compromis.
L’ESILV comme rampe de lancement
L'apport de l'ESILV, ça a été avant tout un point d'entrée dans l'industrie avec un socle de compétences qui était très distinctif. Je pense que l'ESILV sait cultivé par des enseignements de qualité, le fait d'être un maître sur le marché des étudiants qui ont des compétences distinctives et opérationnelles, mais c'est vraiment ce que l'ESILV m'a apporté.
L'autre point des apports de mon cursus, c'est qu'on a eu des enseignements qui étaient vraiment des enseignements de fond, notamment mécaniques, qui ont vraiment permis de toucher le cœur de la meule et de comprendre ensuite l'ensemble des concepts.
Je pense à la mécanique des milieux continus ou la mécanique de la rupture qui finalement reste un background tout au long de la carrière pour appréhender avec humilité certains domaines techniques tout autres car on sait que dans ces domaines-là, c'était assez pointu. Donc ça permet aussi de respecter les métiers techniques par ailleurs.
Construire son socle, l’élargir, rebondir
Ma carrière peut servir de point de repère, d'un parcours qui part de la technique, qui se développe dans une industrie qui vient toucher l'aspect business et puis qui permet de rebondir par analogie dans une autre industrie.
Je pense que ce qui est important, c'est de rentrer sur un socle de compétences que l'on maîtrise, faire évoluer ce socle de compétences, élargir pour rebondir de poste en poste. Je pense qu'il est important d'être assez discipliné et professionnel. Je pense que le professionnalisme, c'est ce qui distingue.

Un Alumni à suivre !
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