David Doucet (EMLV 1999), Agile Chapter Leader chez Thales
David Doucet, diplômé de l’EMLV promo 1999, n’a jamais suivi de chemin tout tracé. À l’occasion de l’Alumni Fair 2025, il revient sur son parcours, où curiosité et audace ont été les maîtres-mots et raconte comment changer de métier, oser l’inconnu et s’adapter aux nouvelles technologies ont façonné sa carrière. Une leçon d’agilité à tous les niveaux !
Quelles sont les grandes étapes de votre parcours ?
J'ai d'abord intégré une entreprise qui s'appelait Altran, qui n'existe plus, qui a été rachetée par Capgemini, pour de la gestion de projets Web Design.
Puis, j'étais chez Renault pendant dix ans et j'ai été chassé par un recruteur pour rentrer chez Thales, pour faire du déploiement technique, parce que j'avais acquis cette compétence. J'ai fait plusieurs postes différents pour arriver jusqu'au rôle de manager des équipes agiles. Donc, en l'espace de 25 ans maintenant, je dois être à mon 17ᵉ poste.
Pouvez-vous nous présenter votre métier ?
Je travaille pour l'entreprise Thales et je suis Agile Chapter Leader : c'est le management des ressources agiles au sein de l'informatique.
Mon métier c'est vraiment le pur cliché du manager. Mon intérêt, c'est que mes équipes soient heureuses de venir travailler tous les matins, qu'elles soient de plus en plus performantes et qu'elles puissent compter sur quelqu'un.
Je préfère d'ailleurs le rôle de leader, qui peut répondre à leurs questions, qui peut les aider dans les problématiques à la fois techniques, fonctionnelles, de processus, de mobilité, de la retraite, etc. Et donc, avoir quelqu'un de plutôt bienveillant ! Je trouve que c'est ça qui me qualifie, de pouvoir aider justement les équipes à se développer. Et évidemment, comme tout manager : contrôler aussi si le travail qui est demandé a été correctement effectué.
Quels sont vos enjeux du moment ?
Les enjeux d'un Agile Chapter Leader, ou un manager en fait, c'est de faire grandir les équipes, leur donner du sens. Evidemment, vérifier que le travail est en conformité à ce qui est attendu au niveau de l'entreprise, mais ce qui m'intéresse, c'est le côté humain. Pouvoir faire en sorte que, d'ici cinq-dix-quinze ans, ils seront toujours au top niveau.
On ne règle pas les problèmes qu'on avait il y a 20 ans de la même façon aujourd'hui. On est beaucoup plus agile, beaucoup plus rapide. Les gens se transforment au fur et à mesure. Moi, j'ai fait 17 métiers différents, du fonctionnel, de la technique, du management, du conseil, du commercial... on peut bouger intelligemment en entreprise dès lors qu'on est curieux, dès lors qu'on a envie de faire autre chose, dès lors qu'on est motivé à bouger. C'est ce que j'aimerais que mes collaborateurs puissent aussi avoir comme opportunité : se dire "J'ai fait de la technique pendant quinze ans, aujourd'hui, j'aimerais faire du projet”. Donc pouvoir rebondir et pouvoir aussi changer de parcours.
Quels sont les facteurs clés pour réussir dans ce métier ?
Il faut déjà aimer les gens. Les personnes qui sont, pour moi dénuées d'empathie, ne peuvent pas être de bons managers. Il faut comprendre les problématiques de l'autre pour pouvoir l'aider.
L'autre qualité, je dirais, c'est prendre du temps pour l'autre. Un manager ou un leader va jongler entre les différentes problématiques financières, de budget, du personnel. Il faut avoir toujours une bande passante et être prêt à être force d'arrêt dans son travail pour s'occuper de l'autre.
En quoi vos études ont-elles contribué à ce que vous êtes aujourd’hui ?
La découverte de professeurs incroyables y a contribué !
Didier Schlacther, qui nous a quitté cette année, qui était mon prof de macro et micro-économie, était pour moi quelqu'un d'incroyable qui m'a appris à penser autrement les études. Les études, ce n'est pas qu'un professeur qui parle et un étudiant qui écoute. C'est vraiment une interaction en permanence pour bien comprendre le sujet.
Steven Brower, qui était notre professeur d'anglais, quelqu'un d'extrêmement brillant, qui lui m'a donné le goût de l'aventure linguistique. Quand je suis arrivé au Pôle Léonard de Vinci, je n'avais pas un très bon niveau d'anglais. Aujourd'hui, mon chef est australien et je parle avec lui en anglais tous les jours.
Par l'ouverture à tout type de métier, grâce à la relation ESILV-EMLV, je me suis rendu compte de leur réalité et ça m'a vraiment ouvert l'esprit sur ce que j'allais faire après. EMLV et ESILV fusionnés dans des cours : le rêve !
Des conseils avant de se lancer dans une carrière comme la vôtre ?
La curiosité et être capable de changer. Si on n'aime pas le changement, c'est compliqué d'avoir une carrière comme la mienne. Je fais de la technique, je fais du fonctionnel.
C'est oser aussi, c'est à dire oser potentiellement aller vers une entreprise et dire “je suis riche de plein de choses et je comprends tous vos métiers”.
Ce qui m'a aidé à me construire, c'est vraiment l'échange avec les gens. Je reviens sur l'EMLV ; à l'époque il y avait aussi une filière européenne, avec des semestres à l'étranger. C'était important de se dire “mais comment c'est enseigné à l'étranger ?”. L'IIM s’est aussi créée à peu près à ce moment : c'était aussi intéressant de se dire “Tiens, il y a des gens qui vont travailler sur des nouvelles technologies, comment je pourrais l'incorporer dans mon parcours ?”.
S'intéresser toujours à ce qui va se passer demain et surtout ne pas regarder ce qui s'est passé avant hier. Sinon on est en retard.
Pour vous, c’est quoi être Alumni ?
C'est partager certaines valeurs dues à l'enseignement, donc il y a déjà cette culture commune.
Être Alumni, c'est pouvoir aussi aider les nouveaux étudiants à trouver des apprentissages, à trouver des stages.
C'est aussi se dire : je connais les professeurs qui lui ont enseigné, je connais la qualité de l'enseignement, donc je vais pouvoir trouver des compétences qui m'intéressent dans mon métier d'aujourd'hui.
C'est potentiellement partager des moments de vie extra professionnelle avec des anciens de l'EMLV de 1999. Que sont-ils sont devenus ?
Fréquenter les générations d'aujourd'hui et futures, c'est aussi se remettre en cause tous les jours. Pour moi, c'est génial quoi. Être Alumni, c'est aussi partager des moments avec les anciens. Aujourd'hui, le Pôle Léonard de Vinci il fête ses 30 ans. C'est peut-être l'occasion de rapprocher les jeunes générations des plus anciennes.
Un Alumni à suivre !
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